16 novembre 2008

Ne cherchez pas à comprendre. Lisez

J'étais entrain d'étaler ma vie à mes nouvelles amies, lorsque je l'ai aperçu. La feuille de salade imbibée de sauce infâme que je m'apprêtais à avaler, s'arrêta net, à l'entrée de mes lèvres.

Il était de dos. Grand, beau. Je le vis saisir un plateau puis s'engager dans la file de droite. Celle que j'avais choisie, quelques minutes auparavant. Nous étions mercredi, et seulement une centaine de lycéens mangeaient ici. La table où je m'étais assise offrait une rangée entière de places libres.

Plus la file avançait, plus le foulard que j'avais soigneusement noué autour de mon cou, me dérangeait. Quand il se retrouva au bout, il se retourna face a la salle néanmoins bien remplie. Mon foulard m'étranglait douloureusement. Je m'aperçu que ma fourchette garnie, se trouvait toujours à la hauteur de ma bouche.

Je m'empressa alors de la poser, sur mon plateau. Il se dirigea vers la table où l'on pouvait abuser de moutarde, sauce, et autres condiments.

Il n'était qu'a quelques mètres de moi. Alors qu'il recouvrait ses frites de ketchup, je l'observais. Je l'examinais. Je le dévorais. Et c'était bien meilleur que la salade.

Il portait un jean qui laissait apparaître les formes rebondies de ses fesses. Je me pinçais les lèvres avec tellement d'envie et de désir, que s'il serait resté, cinq secondes de plus, peut être dix, alors je me serais retrouvée a l'hôpital, 3 points de suture à la lèvre inférieure.  Il se redressa et repassa tout près de moi.

Je sentais mon coeur s'agité et mes joues devenir rouges. J'adressa un mot à mon amie ; ma voix résonnait à l'interieur de moi, comme si j'etais vide. C'etait sa : j'etais vide. En sa présence je n'etais plus qu'un esprit évanoui dans un corps inerte.

Il m'occupait entièrement.

Je l'avais

devant les yeux,

sur mon coeur,

au fond de mon esprit,

le long de mon dos,

contre mes joues,

derrière la nuque,

attaché à mes doigts.

Je le sentais partout.

 

D'un pas rapide et sans même me remarquer, il rejoignit quelques garçons à une table, à l'autre bout de la salle. En le voyant passer, je baissa brièvement les yeux.

Il s'assit. Il n'était pas à ma table, ni en face de moi, mais j'avais au moins la chance de manger en pouvant contempler sa nuque et ses boucles brunes. En fait non, je ne mangeais pas. Quand il était là je ne pouvais rien manger.

Je regarda amèrement ma feuille de salade. Je souris à mes amies puis posa ma tête entre mes mains. Je sentais des larmes chaudes naître sous mes paupières. Ces 2 dernières minutes furent les plus éprouvantes de toute la journée. Je le regarda une nouvelle fois. Puis je referma les yeux, me suppliant de me retenir, de ne pas pleurer, de ne pas crier.

Pourquoi est-ce tombé sur lui, le seul qui m'était interdit ?

 

Ne cherchez pas à comprendre...

Commentaires

ba c bien lool

Ecrit par : hugo | 20 septembre 2007

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