24 août 2008
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Le rôle des jobs d’été est de savoir les métiers que l’on ne fera jamais. Avant j’hésitais, maintenant j’en suis sure : je ne travaillerai jamais dans la restauration. En revanche je sais que je veux un métier dans lequel je ne vois pas mes supérieurs tous les jours, un métier où je ne m’occupe pas du ménage. Je ne veux pas être celle qui sert, mais celle qui est servie. Un mois entier à travailler. Je pensais pas que se serait si fatiguant. Deux jours de congé par semaine certes, mais des horaires lourds ; neuf heures par jour. Je trouve cela beaucoup quand on a que 16 ans et que l’on connais tout juste le monde de l’activité. Je comprends enfin ce que signifie « être mal payé » ou « ne pas aimer ses supérieurs ». Je travaille 50 h par semaine, 11h d’être d’elle ne sont pas payées. Pendant une semaine entière je n’ai travaillé que pour les impôts. Je trouve sa dur, de donner 50h de sueur à l’état, quand on est jeune. Je ne suis pas entrain de dire que je suis exploitée et au bout du rouleau, loin de là. Je dis juste que j’ai hâte de terminer et de me reposer… Ah mais oui, j’ai oublié, je reprends les cours directement après mon dernier jour. Je n’aurai même pas le temps de dépenser le peu de sous que j’aurais gagné. Ensuite, les patrons ne sont pas cools. J’en ai quatre. Deux petits et deux grands. Les deux grands viennent une fois par jour s’asseoir au bar. Ils vous observent dans les moindre faits et gestes pendant tout le service. Alors que tout le monde s’agite dans tous les sens, ils vous regardent d’un air blasé et indifférent et baissent la tête pour gribouiller quelque chose sur un bout de papier. Toutes les choses qui ne vont pas, figurent dessus. Parce que oui, au lieu de nous faire des reproches personnellement, les deux grands transmettent le papier aux deux petits. Qui ne nous disent rien. Travailler en étant observer, contrôler, chronométrer ; je trouve cela dépourvu d’intérêt car l’on ne peut être que moins efficace. Étant une fille, j’ai tout de même le droit au « bonjour » le matin. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde dans le restaurant. Ce ne sont que des petites choses mais je comprends tout de même d’ou vient le mépris des salariés envers le haut de la pyramide. Néanmoins ce mois de dur labeur m’aura enseigné certaines choses ; - être à l’heure - avoir une tenue et une attitude irréprochable - être rigoureuse et soigneuse - être attentionnée - être hypocrite. La dernière leçon vous choque ? Voyons, on ne peut pas constamment être sincère. Après avoir mis quinze minutes à choisir une table, monsieur crie parce que la table est trop petite, parce qu’il a trouvé une feuille sur sa chaise et parce que la bouillabaisse était beaucoup moins bonne que la dernière fois. Si nous étions sincère avec lui, il ne serait même plus assis dans la salle. Il faut faire croire au client que dans tous les cas il est le bien venu et qu’il est le centre de nos attentions. Cela s’apprend, tout comme le reste. Mais je n’ai pas envie d’en savoir plus.
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